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Dur comme un Auvergnat.....

13 avril 2017 - 20:19

J'ai trouvé cette histoire assez édifiante,et je vous recommande de la lire jusqu'au bout,et je me pose une question:

-Y a t'il a notre époque des coursiers amateurs qui feraient du vélo dans ces conditions là??......

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                              -L'HISTOIRE D'AUGUSTE ANZUR-

 

Avec un beau palmarès en Auvergne, l’interview d’Auguste Anzur est riche par son témoignage concernant le bassin minier de la région de La Combelle (63) et Brassac-les-Mines dans les années 1950 à 1970. Là un formidable creuset de champions, tant cyclistes que footballeurs animaient les week-ends sportifs. La passion du cyclisme et la pratique de la compétition très personnelle qu’Auguste Anzur s’était imposée révèle un homme au grand cœur qui a débuté sa carrière en 1953 pour la terminer en 1976.

Veloracingnews : Auguste, d’où es-tu originaire ?

Ma famille venait de Ljubljana, l’ancienne Yougoslavie, la Slovénie d’aujourd’hui pour travailler dans les mines de charbon. Pour ma part je suis né à La Combelle le 14 août 1937. Louis Kosec un autre coureur originaire de Yougoslavie, plus âgé que moi, vivait aussi à La Combelle. Il était l’idole de ma jeunesse. Son père est mort à la mine. Le mien est décédé de la silicose. Vingt nations différentes se côtoyaient, c’était déjà l’Europe. Il y avait une solidarité remarquable entre les familles. Tout le monde faisait un jardin, on s’échangeait des plants, il y avait des volières, des élevages de lapin. Il y avait une grosse émulation entre les Polonais, Portugais, Espagnols, Italiens… C’était à celui qui avait le plus beau jardin. Personne n’a souffert de la faim même pendant la guerre. Une famille préparait un plat, il y en avait pour le voisin. Pour les mineurs, les seuls moyens de distraction c’était le sport. Mais c’est venu tout doucement. Pour les anciens, les mineurs-paysans, il n’y avait que le travail qui comptait. A la Combelle, c’était d’abord le foot puis ensuite le vélo. En foot on a sorti une équipe complète de professionnels : Emile Antonio (Vainqueur de la Coupe de France 1954 avec l’OGC Nice), René Domingo, junior à La Combelle et capitaine des verts à St Etienne, Maryan Paszko, gardien de but à l’ASSEtienne, les frères Tylinski (ASSE)… Pour un match de La Combelle, il y avait plus de 1000 spectateurs.

 

 

Anzur, 2e à gauche sous le maillot de la Pédale Sanfloraine

 

Veloracingnews : Comment es-tu venu au vélo ?

A 12 ans j’ai quitté l’école pour garder les vaches dans le Cézallier. De retour à La Combelle, j’ai d’abord joué au foot ; à 14 ans, j’accompagnais à l’entraînement, Joseph Costa (2 victoires d’étape dans la Route de France et 26e Tour d’Europe pro 1954) et Pierre Dos Santos, deux bons coureurs régionaux, en effectuant de temps à autre, des sorties de 220 km sur un vieux vélo à gros pneus. Ils m’ont trouvé de grosses qualités physiques et m’ont incité à prendre une licence. A 16 ans je signais à la Pédale Sanfloraine. Dès 14 ans je suis descendu à la mine (700 m sous terre). Nous étions fiers de ça. Là je me suis dis : « Mon petit t’es un homme ». Le chevalement était notre Tour Eiffel. A l’école Papillon, on nous apprenait à devenir des mineurs en pratiquant le sport, par tous les temps, pour nous forger un corps résistant. J’ai travaillé à la mine pendant 28 ans mais mon métier a évolué vers des tâches moins pénibles. Au début j’ai trié le charbon avec ma mère dans une poussière où tu ne te voyais pas à dix mètres. La mine a fermé en 1978, un an avant je suis entré à CEGEDUR où j’ai été amianté.

 

Veloracingnews : Pas facile de travailler à la mine et de s’entraîner ?

Cette question-là, Bernard Thévenet me l’a posée car j’ai eu l’occasion de disputer quelques courses avec lui. Je me levais à 5 h du matin, je faisais ma journée jusqu’à 15 h puis je partais rouler 120 ou 150 kilomètres, livré à moi-même. Les jours de course, lorsque je travaillais, j’arrêtais à midi et j’allais au départ après ma journée, souvent en vélo. Il y avait des courses partout à 50 km à la ronde. Pas la peine de prendre la voiture. Rien que dans le bassin minier, il y avait le Vélo Sport Brassacois, le Vélo Sport du Bassin Minier, le Vélo Sport Combellois. Si je gagnais, je laissais le bouquet à la Miss. J’avais déjà gagné ma journée avant de prendre le départ. Les salaires des mineurs étaient très moyens mais on avait des avantages concernant le logement et le chauffage. Je n’ai pas fait du vélo pour de l’argent. J’ai vu des gars faire n’importe quoi pour gagner, ce n’était pas ma façon de voir les choses. Tellement j’aimais le vélo, je ne me mettais dans le coup avec personne, j’allais chercher tout le monde, j’étais un vrai chien de chasse. Les gars me disaient : « Reste tranquille un peu, tu ne finiras pas la course ! ». Je sacrifiais des courses pour le plaisir de mettre la zizanie, d’attaquer et d’être devant.

 

De g.àdr. Pelissero, Buvat, Anzur et Tési

Veloracingnews : Comment se sont déroulées tes premières années ?

J’ai remporté une course toute catégorie à La Roche Blanche (63) en 1954 à 17 ans. Je suis revenu à la maison en vélo, avec le bouquet sur le guidon par la nationale (45 km). Pour le titre de Champion d’Auvergne Juniors à Ambert, je casse une pédale alors que j’ai plus de 2 mn d’avance à 10 Km de l’arrivée. Lors de la finale du Trophée des Espoirs à Montluçon, je crève et manque la qualification pour les Championnats de France de quelques secondes. La grande course auvergnate disputée avec les pros était « Le Rasoir Philips » que j’ai disputé à 19 ans. Durant la 1ère étape, on était échappé à quatre, je déraille et un motard me pousse quelques mètres pour me permettre de remettre la chaîne. On voulait m’interdire le départ le lendemain. Finalement on me laisse partir. Comme j’avais acheté un vélo Mercier, je portais le maillot de la marque. Emile Mercier qui était présent me demande de rouler pour les Stéphanois. « Tu penses à 19 ans, je ne connaissais rien à la course d’équipe. Au coup de pistolet, je m’échappe, je crève à Cournon. Mais je voulais passer en tête chez moi. Pas de chance, une échappée était partie avec Pierre Scribante (qui a disputé le Tour 1956), Louis Kosec et quelques autres. Je reviens dans le peloton avec Dino Alessio qui avait eu des problèmes mécaniques et attaque pour aller chercher les gars devant. Peu avant Brassac-les-Mines, je rejoins le groupe mais impossible de prendre un relais. Louis Kosec a dit aux autres : ‘’ Il a crevé et il vient juste d’arriver, laissez-le tranquille ‘’. Donc je suis passé en tête devant mon public, le but était atteint. En fait, je n’ai jamais cherché à entrer dans une grosse formation car j’avais l’esprit de clocher. J’ai couru au Vélo Sport du Bassin Minier et au Vélo Sport Combellois. Je devais partir au Bataillon de Joinville mais je me suis marié à 20 ans. Après il fallait faire bouillir la marmite.

 

Bernard Sommavilla et Auguste Anzur sous le maillot du VS La Combelle

Veloracingnews : Tu as eu une 1ère grosse interruption dans ta carrière ?

En rentrant de l’armée, j’ai cassé une pédale et me suis déchiré très sérieusement le muscle du mollet. J’ai arrêté le vélo pendant 8 ans et j’ai joué au foot. Mon beau-frère faisait quelques courses sans résultats alors je le charriais un peu et il me disait : «  Je voudrais bien t’y voir ! ». Piqué au vif, je lui réponds : « Avec un mois d’entraînement, je finis dans le peloton ». Je prends une licence au VS La Combelle, le Président cherchais un gars pour s’occuper d’un jeune qui marchait bien, Del Puppo, que j’ai conseillé à ses débuts. Pendant un mois j’ai fait 2000 bornes. J’ai pris un jour de congé et suis parti rouler avec la musette. Je prends le départ de ma 1ère course, après 8 ans d’arrêt, à Brassac-les-Mines. Voyant partir trois gars je pars avec eux il y avait Cohen, l’ex-pro. Yves Cohen me dit : « Qu’est-ce que tu fais là ? ». J’étais bien, heureux d’être présent, mais je n’avais pas le rythme de la compétition. Il y avait la difficile montée sur Esteil où je savais que j’allais être lâché. J’attaque avant la côte mais je suis rejoint, terrassé par les crampes. Un mois après je gagnais à Aydat (63).

Veloracingnews : Seconde interruption en 1974 et 1975

C’est exact. J’ai arrêté pour construire ma maison du sol au plafond. Même les grilles en fer forgé, je les ai faites, le carrelage, l’isolation… Marié et des enfants, travaillant à la mine, effectuant des heures supplémentaires pour payer la maison, je ne pouvais plus m’entraîner. J’ai fait cette coupure pendant deux ans. Et j’ai ensuite repris le vélo. A chaque fois je suis remonté en 1ère catégorie. Lorsque j’ai arrêté, à 39 ans, j’ai été entraîneur à Brioude. Je disais aux jeunes : « Quand c’est très dur, donne tout, c’est là que tu fais la différence avec ceux qui renoncent ». Déjà lorsque je courais, je conseillais les jeunes. Dans le vélo je n’ai conservé que des amis. En fin de carrière, lorsque je disputais les courses, les copains partaient en voiture à plusieurs pour venir m’encourager. C’était la sortie du dimanche. La mine et Ducellier, c’était 3000 emplois ! Les gens aimaient le sport, l’ambiance était chaude.

Veloracingnews: Tu as couru avec Bernard Hinault amateur .

C’était à Montboudif (15), village natal du Président Georges Pompidou, riche de 300 habitants. Hinault était déjà connu avec de nombreux succès chez les amateurs dont un titre de Champion de France. L’organisateur annonce que la course allait être retardé car ses parents étaient tombés en panne de voiture. On l’a charrié quand il est arrivé avec pas mal de retard. Il devait être contrarié car ce jour-là, il est passé complètement à côté du sujet. Il a fini à un tour. Le vélo c’est spécial, c’est 50/50 il faut être bien dans la tête et physiquement. Le moral est primordial pour bien marcher.

Nouveau bouquet pour Auguste Anzur

Véloracingnews : Tu as souvent été livré à toi-même ?

Dans ces années-là, personne ne te prenait en charge. Tu allais aux courses en vélo ou en train. Pour aller courir le Circuit de la Planèze à Saint-Flour (15), je me levais à 4h du matin je partais en vélo pour aller prendre le train. Il fallait terminer les 35 derniers kilomètres en vélo. Avant le départ, je m’asseyais sur un mur, je mangeais un bout de pain, une pomme, un morceau de saucisson. Je fais troisième sur une épreuve de 120 km. Pour revenir de Saint-Flour 60 Km, pas de train, il fallait monter le Col de la Fageolle. Et le lendemain, à la mine !

Véloracingnews : Raconte-nous cette histoire du bouquet.

Je vais courir à Lamothe vers Brioude, pas loin de chez Romain Bardet. Je gagne et je pars avec la gerbe du vainqueur. A la sortie du village, je m’arrête pour satisfaire un besoin naturel et pose mon bouquet sur un mur. Je me retourne et vois une chèvre qui mangeait les fleurs. J’ai raconté ça aux copains de la mine. Il y en a un qui avait dessiné à la craie une chèvre qui mangeait un bouquet.

Véloracingnews : Les primes jouaient un grand rôle dans les courses.

Il y avait du monde et des primes. C’était de l’argent cash que tu percevais dans une enveloppe après l’arrivée. Souvent dans une échappée les gars se mettaient ensemble faisaient semblant de disputer les primes ‘’ à la grimace’’ et partageaient les gains. Mais il fallait quand même marcher pour être devant. Moi je n’aimais pas les combines, je préférais faire ça à la régulière sauf si on était deux gars du club. Une fois j’ai gagné dix boîtes de tripoux et un canard et je rentrais en vélo ! J’ai mis quelques boîtes dans la musette et monnayé le canard. Lors d’une épreuve disputée à la Combelle, les jeunes avaient fait une collecte pour moi auprès du public. Je n’osais pas accepter l’argent. Je suis allé vers la fête foraine et j’ai tout donné aux gamins du village pour qu’ils puissent faire du manège. Si tu gagnais, tu faisais un tour d’honneur avec le bouquet sous les applaudissements du public.

 

A Maringues avec Jean Planeix de l’Amicale Cycliste Clermontoise

Véloracingnews : Fais-tu toujours du vélo ?

Je roule seul car quand tu roules en groupe c’est la course. Maintenant je fais du vélo pour moi. Je m’arrête, je trouve des morilles. Je vais voir les courses locales, je vais au foot, au rugby. A la télé, je regarde les belles épreuves, le Tour.

Véloracingnews : Quel regard portes-tu sur le cyclisme d’aujourd’hui ?

Tu vois des jeunes, équipés comme des pros, ils font trois tours et ils abandonnent parce qu’il fait trop chaud. Je vois des équipes amateurs qui partent faire le Tour du Cameroun. Quand je compare à nos conditions de coureurs d’alors, ils ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont. Il y a trop d’assistance, trop de bien être. J’ai disputé une épreuve le jour de l’anniversaire de ma fille. Elle me dit « Papa, tu vas gagner la course aujourd’hui ?  -Je ne sais pas, je vais faire de mon mieux. » Pour remporter la course le jour de son anniversaire, je me suis éventré. On m’appelait au micro pour aller chercher le bouquet, j’étais en train de vomir. J’ai gagné trois courses après une chute. En sang, je repartais.

Véloracingnews : Pas de regrets ?

Si c’était à refaire, je ne changerais rien. Mon épouse m’a beaucoup apporté. Elle me préparait mon équipement, me passait les bidons. A l’arrivée d’une course que j’avais remporté, une femme présente pour la remise du bouquet essuyait la sueur sur mon visage car j’étais en nage. Mon épouse lui a sèchement fait remarquer que ce n’était pas à elle de faire cela. Il faut aimer ce que l’on fait et être sérieux pour ne pas avoir de regrets. Se faire plaisir et donner du plaisir aux autres. Si j’abandonnais, tu ne me voyais pas traîner vers la ligne avec le vélo.

 

Auguste Anzur et Yvon Verne à sa gauche

Véloracingnews : As-tu une anecdote amusante à nous raconter, comme c’est la coutume ?

A Gelles avec Laurent (AS des Graves), on était pas pour la gagne. Des paysans du coin nous tendaient le litre de rouge à chaque passage. Dans le dernier tour, on s’arrête vers eux boire un coup. A l’arrivée m’attendaient mon frère et son épouse. Ils me disent : « T’es tombé ? ». J’avais du vin rouge qui avait séché sur la cuisse comme si du sang avait coulé d’une blessure… Auguste Anzur est retiré à Brassac-les-Mines mais a beaucoup voyagé : Afrique du Sud, Vietnam… Vous le croiserez sur les courses autour d’Issoire et lors du repas de l’Amicale des Coureurs Auvergnats, quand son agenda n’est pas trop chargé. Un peu d’arythmie cardiaque l’oblige à pratiquer le sport qu’il aime par dessus tout avec modération. L’interview pourrait continuer des heures, Auguste est intarissable. Je suis toujours émerveillé, comme à chaque interview, de constater que la mémoire va bien. Il se souvient avec qui il était échappé, à quel tour il a attaqué, le parcours de la course… Encore un bel après-midi à faire revivre l’âge d’or du cyclisme !

 

 PALMARES AUGUSTE ANZUR

1954 Pédale Sanfloraine

12/09 : 1er à La Roche Blanche

 

1955   (Vélo Sport du Bassin Minier)

11/04 : 3ème Prix de Chappes  (43)

01/05 : 1er Prix du Travail à Brassac

22/05 : 3ème prix des Commerçants à La Combelle

26/06 : 1er Prix de la Saint-Jean à Lamothe 

27/06 : 3ème à Auzat-sur-Allier

03/07 : 2ème à Molompize

11/07 : 2ème Prix des Gueules Noires à La Combelle

14/07 : 2ème à Vic-le-Comte

05/09 : 3ème Prix de la Ville d’Aubière

26/09 : 1er Grand Prix de Besse

03/10 : 1er au Breuil-sur-Couze

 

1956 

24/06 : 1er à Auzat-sur-Allier

02/07 : 3ème Prix de la Saint-Pierre à Brassac

 

   1960 à 65 Blessure joue au football

 

1966

11/09 : 1er à Aydat

 

1967  (Vélo Sport Combellois)

28/03 : 1er à Chappes  (43)

15/05 : 1er Prix des commerçants à La Combelle

04/06 : 1er Prix de la fête à chamalières

03/07 : 2ème Prix de la Saint-Pierre à Brassac

14/08 : 3ème à Ardes-sur-Couze

 

1968

08/07 : 3ème Prix des Gueules Noires à La Combelle

05/08 : 3ème Prix de la Fête à Paulhaguet

 

1969 et 1970

 

1971    (Vélo Sport Combellois)

24/05 : 1er à Saint-Beauzire

31/05 : 3ème Prix des Commerçants à La Combelle

06/06 : 3ème Prix de la Fête à Chamalières

26/06 : 2ème prix de la Saint-Jean à Lamothe

05/07 : 1er Prix de la vogue à Yssingeaux

01/08 : 1er à Mezel

 

1972 

07/08 : 1er  Prix de la Saint-Laurent à Auzon

28/08 : 1er à Saint-Genès-Champespe

09/09 : 2ème au Mont-Dore

18/09 : 1er à Sauxillanges

02/10 : 1er au Breuil-sur-Couze

 

1973

27/05 : 1er Prix des commerçants à La Combelle

02/07 : 1er Prix de la Saint-Pierre à Brassac

14/07 : 2ème à Ennezat

07/08 : 1er à Saint-Germain l’Herm

13/08 : 1er Prix de la SaintLaurent à Auzon

27/08 : 2ème Grand Prix de Puy-Guillaume

 

1974 & 1975 construit sa maison

 

14/07 : 3ème à Vic-le-Comte

 

1976  (Vélo Sport Combellois)

07/06 : 1er Prix Fête de la gare à Brioude

14/07 : 2ème Prix de la Municipalité à Courpière

25/07 : 1er à Briffons

08/08 : 2ème à Saint-Yvoine

 

Commentaires

Staff
Jacky BRANCHARD
Jacky BRANCHARD 14 avril 2017 11:53

L'époque des durs à cuires.

  • CHRISTOPHE CORNEAU
    7 novembre

    CHRISTOPHE CORNEAU

    Compétiteur

    53 ans